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Les mots qui blessent: ces paroles aux profondes répercussions

Comprendre et éviter les mots qui blessent les enfants. La phrase "Si tu avais travaillé, ton résultat aurait été meilleur..." semble anodine mais dissimule des problèmes sous-jacents.

Dite sans mauvaise intention, elle peut semer le doute et l'insécurité chez un enfant, altérant sa confiance en soi en laissant une trace indélébile. Dans la psychologie enfantine, chaque mot à son importance.

Même sans insulte, conflit ou intention malveillante, un mot peut être destructeur. Il perturbe l'équilibre fragile des enfants et les laissent en proie à des agitations émotionnelles et cognitives.

Comment réaliser cette tension et cette problématique chez soi ? Quelles sont les alternatives pour apprendre à construire un lien de confiance et un climat agréable plutôt que de semer le doute et la peine ? C’est tout le sujet de cet article.

Quels sont les mots qui blessent?

Une parole dénigrante

Il s'agit d'un message négatif proféré par un individu en face de la personne visée. Ce sont des paroles d'adulte à enfant, d'enfant à enfant, d'adulte à adulte, d'enfant à adulte.

Ces mots aussi acérés que des couteaux ont des répercussions psychologiques profondes.

Parfois ces paroles ont été prononcées par maladresse. Mais il arrive que ce soit intentionnel. Ce peut-être une parole répétée à plusieurs reprises ou entendue une première fois.

En pratique, ces phrases malencontreuses consistent à :

  • viser l’apparence physique ou le caractère;
  • se moquer de l’intelligence ou des capacités de l'autre;
  • commenter de façon dégradante les origines, les choix religieux, culturels, sexuels d’un individu;
  • colporter des ragots diffamants;
  • aborder, sous prétexte d’humour, des sujets sensibles pour la personne concernée, comme la maladie, le deuil, les traumatismes.

 Elles sont insidieuses, paraissent souvent anodines.

Ces mots peuvent causer des douleurs émotionnelles qui peineront à cicatriser. Ils pourront avoir des conséquences néfastes sur le développement de la confiance en soi et de l’estime d’elle-même de  la personne visée. Et ils ont un impact délétère sur le regard que la personne qui les reçoit porte sur elle.

Des mots qui abiment

Ces échanges font partie de ce que j’appelle les saboteurs de relation.

Ils prennent la forme  :

  • d’injonctions:
    • arrête de m’appeler;
    • débrouille-toi;
    • range ta chambre;
    • dépêche-toi…
  • de jugements et de dévalorisations:
    • Qu’est-ce que tu es maladroit !
    • Tu lis moins bien que ton frère au même âge;
    • Finis ton assiette, tu es trop maigre;
    • Tu as encore oublié ta veste à l’école, mais tu n’as donc pas de tête.
    • Tu es tellement désagréable / bizarre, c’est normal que personne ne veuille être ton ami;
    • Décidément, avec toi, c’est bêtise sur bêtise;
    • C’est toujours toi qui embêtes ta sœur.
  • de menaces:
    • Tu ne sortiras pas de table tant que tu n’auras pas fini ton assiette;
    • Si tu ne fais pas tes devoirs, tu n’iras pas à l’anniversaire de Romain mercredi;
    • Tu m’énerves ! Si tu continues, je t’enferme dans ta chambre.
  • de culpabilisation:
    • C’est ta faute si ton frère est tombé ;
    • Encore une fois, à cause de toi, on va être en retard ;
    • Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même si ta note est mauvaise, tu aurais dû travailler plus...

Et voici d’autres exemples, qu’il m’est difficile d’écrire, mais que j’ai déjà entendu: 

  • Tu es nul, tu ne réussiras jamais à rien.
  • Dégage de là, sors de ma vue…

Ces échanges ont également un impact néfaste sur l'estime de soi de l'enfant et sur son énergie. Ils altèrent également petit à petit la qualité de la relation.

Pourquoi utilisons-nous des paroles qui heurtent?

L'immense majorité des parents ont à coeur de ne pas blesser leur enfant. Et nombreux sont persuadés de ne pas utiliser de mots qui pourraient les toucher négativement. Malheureusement, sans que le parent ne s'en rende compte, des paroles qui heurtent fusent et des saboteurs polluent les échanges.

A découvrir:   Comment gérer le stress parental et trouver l'équilibre

Cela est causé par le fait que  n'avons pas appris à bien communiquer pour développer des relations harmonieuses et saines. Alors, on perpétue le schéma de nos aînés et celui de la société qui nous entoure. Or ce schéma dominant alimente un système anti-relationnel.

Un comportement bien ancré dans notre histoire personnelle

4 principales raisons peuvent augmenter les risques que ces coups imaginaires et pourtant si réels échappent:

Le modèle parental:

Certains parents reproduisent les modèles de relation ou de comportement qu’ils ont connus dans leur enfance.

Stress et problèmes financiers:

Le stress peut amener les parents à répliquer de manière impatiente et impulsive.

Des problèmes de communication:

Des difficultés pour communiquer et gérer leurs émotions peuvent les conduire à avoir des réactions négatives.

Des attentes irréalistes:

Des parents ont parfois des attentes démesurées pour leur progéniture. Ils attribuent un rôle intenable et écrasant.

L’exemple de la petite Elsa

"Si tu avais travaillé, ton résultat aurait été meilleur...", voilà des mots qui peuvent blesser.

En tout cas, ils ont laissé en Elsa dont j’ai reçu la confidence, une profonde cicatrice. Cette phrase, elle est toujours là dans un coin de sa tête. Longtemps, elle ne l’a pas comprise. Parce qu’elle avait révisé, m’a-t-elle expliqué,  même si sa note d’évaluation finale était décevante… Elle était déçue par son résultat… mais visiblement, son père, qui sans aucune doute ne pensait pas autant à mal en disant ces mots, l'était aussi. Elle m’a avoué qu’elle aurait aimé de la compassion à la hauteur de sa déception. Ces mots, elle les a trouvés tellement injustes et éloignés de la réalité.

Ces paroles l’ont ébranlée pendant des années. Et pour autant, elle m’a confié avoir eu à son tour des mots qui blessent avec ses enfants. Ne dit-on pas que le métier le plus difficile est celui de parent ? Elle n’avait alors pas encore mesuré l’impact que ses mots pouvaient avoir sur le développement de ses enfants. Puis elle a compris pourquoi nous pouvions avoir des paroles blessantes et ce qu’il était possible de faire pour inverser les choses. 

Un apprentissage bénéfique à tout âge

Pas de panique, les compétences psychosociales, ça s’apprend. Et il n’est jamais trop tard pour établir des rapports plus sains et bienveillants avec ton enfant.

Le parent parfait n’existe pas. Et on peut se l’avouer, certaines de ces phrases nous ont peut-être échappé. La solution n’est pas de se flageller, mais de comprendre:

  • pourquoi ces mots vont à l’encontre des besoins fondamentaux de l’enfant pour bien grandir;
  • comment on peut inverser la tendance et soigner la relation à l’autre et à soi-même.

Pourquoi des mots peuvent-ils blesser?

Les 7  besoins relationnels de l’enfant

Au-delà du fait que certaines expressions peuvent s’apparenter à de la violence éducative ordinaire, punie par la loi, nos mots doivent aider les enfants à bien grandir et non le contraire.

En cela, notre posture et nos paroles doivent répondre aux besoins relationnels:

  • de se dire;
  • d’être entendu;
  • d’être reconnu;
  • d’être valorisé;
  • d’avoir de l’impact;
  • d’avoir de l’intimité;
  • de rêver.

Quel est l’impact des mot qui blessent?

Nos mots et le ton avec lequel ils sont prononcés ont la capacité de provoquer des émotions fortes. Ils peuvent déclencher la tristesse, la colère, la honte ou la peur chez la personne qui les reçoit.

Des remarques récurrentes, négatives, peuvent saper l'estime de soi d'une personne et sa confiance en elle, surtout s'il s'agit d'un enfant. L'enfant peut même finir par croire qu’il n'est pas digne d'amour ou de respect, qu’il est nul.

Les mots durs peuvent laisser des traumatismes émotionnels durables. On peut se remémorer ces paroles blessantes pendant des années, même des décennies après les avoir entendues.

Pire, elles peuvent générer une augmentation du stress et de l’anxiété, qui parfois entraîne de la somatisation: douleurs abdominales, eczéma, perte de cheveux, perte d’appétit, etc. Oui, une mauvaise phrase peut impacter la santé globale, d’autant plus quand la personne concernée présente une haute sensibilité. 

Un enfant a besoin de se sentir aimé, considéré, respecté et accepté par ses parents, tel qu’il est. Lui coller une étiquette de « petit monstre », d’enfant « turbulent », « capricieux » peut même l’inciter inconsciemment à amplifier ses comportements, comme pour répondre aux attentes de ses parents.

A découvrir:   Comment poser un cadre éducatif?

Comment ne plus employer de mots qui blessent: 5 étapes

Se dire simplement «Je n’en dirais plus» n’est pas efficace. Cela a pour conséquence de se mettre une pression, plus que de nous pousser à l’action. 

C'est en modifiant ma posture et mes points de vue sur les situations que j'ai pu développer des relations harmonieuses avec mes enfants. Et par expérience, je sais que, quand on en comprend l’intérêt et les bienfaits, le changement se fait plus naturellement. Même si cela demande du temps.

Voici quelques étapes pour développer des relations saines avec tes enfants et les aider à grandir.

#1 - Identifier les "saboteurs" pour mieux t’en débarrasser

Ce que j'appelle des "saboteurs" sont toutes ces petites phrases d'apparence anodine qui peuvent créer de gros dégats.

Voici quelques habitudes relationnelles destructrices à repérer :

  • la critique constante: pointer régulièrement les défauts et les erreurs de l'autre… parfois même en usant de comparaison;
  • la manipulation émotionnelle: utiliser la culpabilité, la victimisation ou d'autres tactiques pour influencer ou contrôler les autres;
  • l'absence d'écoute: ne pas prêter attention aux besoins, aux émotions ou aux opinions de l'autre;
  • le manque de respect: l'absence de considération pour l'autre, pour ses limites, ses opinions ou sa dignité;
  • le contrôle excessif: chercher à maîtriser tous les aspects de la vie de l'autre, même s'il s'agit d'une enfant;
  • le mensonge ou la tromperie.

Cette liste n'est pas exhaustive... malheureusement!

#2 - Distinguer ton enfant de son comportement

En France, nous vivons dans une société qui se méfie des enfants et s’appuie historiquement sur des rapports de force avec eux. Certains partent même du principe qu'ils chercheraient à manipuler les adultes.

Or, les neurosciences en ont depuis apporté la preuve: le cerveau n’est définitivement mature qu’à 25 ans. Celui d'un enfant de moins de 15 ans est donc encore en pleine construction de ses structures neuronales. Une relation parent-enfant saine soutient ce développement cérébral… dans le cas contraire, elle risque de  l’abîmer.

Quand un enfant se conduit de façon inappropriée, ce n'est pas lui qui provoque des émotions en nous, c'est la situation et son comportement. Mais l'enfant n'agit pas en pensant à mal :

  • souvent, il ne connaît pas les règles;
  • il explore et expérimente son environnement;
  • il est débordé par ses émotions,
  • il a envie de jouer.

Et parfois, il se comporte ainsi parce qu'il pense que c'est ainsi qu'il doit le faire. Ne lui a-t-on pas collé une étiquette d'enfant agité, exigeant, colérique, etc.

Ce constat étant posé, et si on changeait de perceptions? Et si on apprenait à faire confiance aux enfants? Et si on prenait du recul par rapport à une situation qui nous déplaît pour en comprendre les ressors sous-jacents? Et si on faisait preuve d'empathie?

#3 - Parler de toi et non plus de ton enfant 

En dissociant l’enfant en tant que personne, de la situation, de son attitude et en exprimant ce que l’on ressent, on évite les mots qui blessent et le fameux «tu».

Ainsi, plutôt que de crier pour ramener le calme dans la maison, une alternative serait d'exprimer ton ressenti et ton besoin :

  • «Je suis fatiguée, il y a trop de bruit dans la maison, j’ai besoin de calme»;
  • «Je me sens découragée, le mur est tout gribouillé ».

À cette étape, l’important est de rester dans le constat, la description et de ne pas entrer dans le jugement. Et il est essentiel de veiller à ne pas utiliser la culpabilisation en rendant l’enfant responsable de nos émotions. Je développe ce point dans l'article sur l'utilisation de la communication non violence avec ses enfants

.

#4 - Laisser ton enfant s’exprimer et écouter vraiment

Dire à ton enfant d’arrêter de pleurer ou de s’agiter n’a généralement aucun effet. Sauf peut-être celui de t'énerver encore plus, parce que cela ne fonctionne pas. Tu la vois la scène dans le magasin où ton enfant se roule par terre en hurlant ? Hausser le ton et dire « Maintenant ça suffit, tu arrêtes de hurler » est quasiment voué à l'échec. Et en général, cela ne fait qu'empirer la situation et attirer l'attention de tout le magasin sur vous!

En offrant à l’enfant un espace d’expression de ses émotions, on va pouvoir l’accompagner pendant la vague qui le traverse. On pourra l’aider à poser les bons mots s’il ne les a pas : « Je vois que tu as l’air très en colère (ou inquiet ou que tu as de la peine). Je comprends, tu as le droit d’être en colère (ou c’est normal d’avoir de la peine). Tu veux très fort ce jouet et j'ai dit non. Peut-être que tu te sens déçu et frustré. »

Petit conseil, avant de partir en courses, rappelle bien les règles. Il sera plus facile d'y faire référence si une émotion forte de frustration envahit ton bambin.

A découvrir:   Comment être patient avec tes enfants?

Écouter activement, ce n’est pas seulement porter attention à ce que dit notre enfant. C’est s’intéresser aussi à ce qu’il est, à ce qu’il traverse. La communication, surtout celles des enfants,  n’est pas uniquement verbale. Le corps et les comportements disent beaucoup. 

#5 - Chercher des solutions

Si des règles connues par l’enfant ont été enfreintes, il convient de les lui rappeler. Et de lui demander de les appliquer.

Si la situation n’a pas de cadre déterminé, tu peux discuter avec ton enfant pour voir si la mise en place de règles est nécessaire. 

L’important est d’échanger sur ce qui vient de se passer. L'objectif est:

  • qu’il comprenne que son comportement n’était pas adapté;
  • et qu’il apprenne de son erreur.

En fonction de la situation, tu peux l'amener à proposer une manière de réparer.

Par exemple, ton enfant a tendance à te taper, ainsi que ses grands-parents.Tu peux lui expliquer calmement que  : « La violence est interdite. Taper, c’est non. Cela fait mal ». Tu peux lui demander ce qui se passe en lui, ce qu’il ressent pour qu’il en arrive à taper. S’il a vraiment un besoin de sortir cette violence et de se défouler, propose-lui un outil qu’il peut utiliser comme un coussin ou un ballon si c'est possible. Quand il est revenu au calme, échange avec lui pour voir ce qu’il propose pour s’excuser et pour que cela ne se reproduise plus.

Et si des mots t’ont échappé?

La mère parfaite, le père parfait n'existent pas. Et malgré ton envie de changer, tes paroles ont devancé ta pensée. Tes mots ont peut-être blessé. Alors, dis-le à ton enfant. Présente lui tes excuses comme tu le ferais avec un adulte.

Lors d’un accompagnement parental, une maman m’a expliqué qu’un soir, en rentrant du travail, elle avait appris que son fils avait été puni à l’école. Fatiguée, excédée, elle m’avoue sa colère d’alors et le fait qu’elle a doublé la punition.

Elle comprend que sa réaction était « ridicule, disproportionnée, injuste », mais que sur le moment, elle ne s'en était pas rendu compte. Je lui ai proposé d’en parler avec son fils, même si l’événement était passé depuis un long moment.

Lui non plus n’avait pas oublié. Elle s’est excusée auprès de lui d'avoir ainsi réagi. Elle lui a partagé son cheminement, ses erreurs, ses apprentissages dans le domaine de l'éducation. En le faisant, même des années plus tard, elle a pu donner à son fils les clés pour qu'ils construisent à son tour des relations apaisées avec ses enfants. Parce qu'il n'est jamais trop tard.

Ce sont ces mêmes clés que je transmets dans mes accompagnements de parents.

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  • Merci pour cet article très instructif. Je vais essayer de faire attention mais c’est vrai que personne ne nous apprend tout cela.

    • Gaëlle VALLET dit :

      Merci beaucoup Sophie! Il n’est jamais trop tard pour apprendre. Et les bénéfices seront là avec ton enfant.

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